Le Notre Père
C'est la seule prière que le Christ ait lui-même enseignée, et la plus dite au monde. Voici son texte exact — celui en vigueur depuis 2017 —, ce que veut dire chacune de ses demandes, et d'où elle vient.
Le texte
Traduction liturgique officielle, en usage dans toute la francophonie.
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Amen.
Matthieu 6, 9-13 — traduction liturgique de l'AELF, en vigueur depuis le 3 décembre 2017.
En latin
Le Pater noster, encore chanté dans de nombreuses assemblées.
Pater noster, qui es in cælis, sanctificetur nomen tuum ; adveniat regnum tuum ; fiat voluntas tua, sicut in cælo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie ; et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris ; et ne nos inducas in tentationem, sed libera nos a malo. Amen.
Les sept demandes, une par une
Trois regardent Dieu, quatre regardent les hommes. L'ordre n'a rien d'accidentel.
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1
Que ton nom soit sanctifié
La première demande ne réclame rien pour soi. Sanctifier le nom de Dieu, c'est demander qu'il soit reconnu pour ce qu'il est — d'abord dans notre propre manière de vivre, car c'est par les croyants que ce nom est honoré ou déshonoré aux yeux des autres.
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2
Que ton règne vienne
Non pas un royaume terrestre, mais l'accomplissement de ce que le Christ a inauguré. On demande à la fois qu'il advienne à la fin des temps, et qu'il commence dès maintenant là où l'on se trouve.
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3
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
La demande la plus exigeante : elle engage à renoncer à imposer la sienne. C'est la prière du Christ lui-même à Gethsémani, quelques heures avant sa Passion.
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4
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour
Le pain matériel, sans détour : de quoi vivre aujourd'hui, pas de quoi être à l'abri pour dix ans. La tradition y lit aussi le pain eucharistique. Le mot grec employé par Matthieu, epiousios, n'apparaît nulle part ailleurs dans toute la littérature grecque ; on le traduit par « de ce jour » faute de mieux.
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5
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
La seule demande assortie d'une condition, et le Christ y revient juste après pour insister. On ne demande pas un pardon gratuit : on demande à être pardonné dans la mesure où l'on pardonne soi-même.
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6
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
Dieu ne tente personne : on lui demande de ne pas nous laisser franchir le pas quand l'épreuve se présente. C'est précisément ce que l'ancienne formule — « ne nous soumets pas à la tentation » — laissait entendre à tort, d'où le changement de 2017.
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7
Mais délivre-nous du Mal
Le texte grec permet de comprendre « du mal » ou « du Malin ». La liturgie française met une majuscule : il ne s'agit pas des contrariétés de l'existence, mais de celui qui s'oppose au dessein de Dieu.
Questions fréquentes
Dont les deux qui reviennent toujours : le changement de 2017, et la finale.
Pourquoi le texte a-t-il changé en 2017 ?
La sixième demande disait « ne nous soumets pas à la tentation », ce qui laissait croire que Dieu pourrait pousser au péché — le contraire de ce qu'enseigne l'Écriture. La traduction « ne nous laisse pas entrer en tentation » est entrée en vigueur le 3 décembre 2017, premier dimanche de l'Avent, dans toute la francophonie.
Faut-il dire « car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire » ?
Cette finale, appelée doxologie, ne figure pas dans les plus anciens manuscrits de l'Évangile : elle a été ajoutée très tôt dans l'usage liturgique. Les Églises protestantes l'ont conservée dans la prière elle-même. Les catholiques la disent aussi, mais à la messe seulement, après une courte prière du prêtre qui la sépare du Notre Père. En dehors de la messe, on s'arrête donc à « délivre-nous du Mal ».
D'où vient cette prière ?
Du Christ lui-même, qui la donne à ses disciples. On la trouve deux fois dans les Évangiles : en Matthieu 6, 9-13, dans le Sermon sur la montagne, et en Luc 11, 2-4, sous une forme plus brève, en réponse à un disciple qui demandait : « Seigneur, apprends-nous à prier. »
Pourquoi « notre » Père et non « mon » Père ?
Parce que la prière est au pluriel d'un bout à l'autre — donne-nous, pardonne-nous, délivre-nous. Même dit seul, on ne la prie jamais pour soi seul : c'est la prière de toute l'Église, et elle inclut nécessairement ceux qu'on aurait préféré laisser dehors.
Combien de fois faut-il le dire ?
Aucune règle. Il est dit une fois à chaque messe, une fois par dizaine de chapelet, et il ouvre plusieurs offices du bréviaire. Beaucoup le prient simplement au lever et au coucher.
Y a-t-il une posture particulière ?
Non. À la messe, l'usage varie selon les paroisses : mains ouvertes, mains jointes, parfois en se tenant par la main. Aucune de ces manières n'est prescrite ni interdite.
Peut-on le dire pour quelqu'un qui ne croit pas ?
Oui. Prier pour un proche éloigné de la foi est un usage très ancien, et le Notre Père est la forme la plus simple de cette prière.
Le prier chaque jour
Le Notre Père ouvre chaque dizaine du chapelet. Le chapelet guidé du site vous accompagne grain par grain, en mode tactile ou en audio.
Ouvrir le chapeletPour aller plus loin : comment prier le chapelet, comment prier une neuvaine, ou l'évangile du jour.